La victime dans la procédure pénale ivoirienne

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La victime dans la procédure pénale ivoirienne
22 Nov 2020

La victime dans la procédure pénale ivoirienne

 Dans la plupart des groupes ethniques ivoiriens, traditionnellement lorsqu’il y a frictions entre deux individus, c’est l’ensemble de la communauté à laquelle ils appartiennent qui se trouve concernée. 

Est alors mise en place une procédure de règlement de conflit qui inclut toute la communauté. La victime lésée par le comportement prohibé ainsi que l’auteur de ce comportement se retrouvent devant les anciens et toute la communauté sous l’arbre à palabre[1] pour régler le conflit. La victime tient de ce fait une place à part entière et somme toute importante au cours de ces procédures. En effet, bien que la communauté participe à la gestion du conflit, la victime et l’auteur sont les principaux acteurs. La victime est celle qui a été offensée et une place de choix lui est accordée : c’est elle qui exerce les poursuites, personnellement ou par le biais de mandataires (famille et amis). L’auteur, également, se défend des accusations portées contre lui et est présent, mais accompagné de membres de sa famille ou d’amis pouvant se porter garants de sa bonne moralité. La sanction de l’auteur prend généralement la forme d’une réparation de la victime et de ses proches. Ainsi, on considère comme victime non pas seulement celle qui a souffert personnellement de la commission de l’infraction, mais toutes les personnes qui l’entourent à des degrés près. À la suite de la colonisation cette forme traditionnelle de règlement des conflits a laissé la place en Côte d’Ivoire à une justice étatique. Désormais, consécutivement à la commission d’une infraction – crime, délit ou contravention – même si la justice traditionnelle demeure dans certaines communautés, c’est la procédure pénale étatique qui est mise en œuvre. Continuer à lire …

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